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Réussir sans l’aide de l’Etat : Comment ai-je réussi à financer mes études sans l’Etat, ni mes parents ?

29 octobre 2021, Isaac
Réussir sans l’aide de l’Etat : Comment ai-je réussi à financer mes études sans l’Etat, ni mes parents ?

Je suis né Sénégalais et je suis panafricaniste dans le sang. Je suis aussi quelqu’un qui croit fermement à l’importance du sens de la responsabilité. En d’autres termes, je crois fermement que chaque être humain se doit de dessiner son propre destin, d’écrire sa propre histoire. Cette croyance m’a beaucoup aidé aussi bien dans mon cursus scolaire, dans ma carrière professionnelle et entrepreneuriale que dans la vie en général. C’est pour cette raison que je me vois, en tant que panafricain, l’obligation de partager le savoir que je me suis fait, avec vous, avec mes frères et sœurs africains. Je ne dis pas que les expériences que je vais partager représentent la voie à suivre. Mais, comme je le fais souvent, je pense que chaque personne peut apprendre de l’expérience d’autres personnes.

Comment j’ai pu financer mes études, à partir de 6 ans, sans l’aide de l’Etat, ni de mes parents ?

Je viens d’une famille très modeste. Et malheureusement l’argent n’était pas d’abondance et souvent le chef de famille donnait plus de priorité au déjeuner du midi. Même le dîner se faisait rare et les petits déjeuners avaient l’air plus de « coupe-faim » que de « vrais petits déjeuners ». Bref, acheter des fournitures scolaires n’était donc pas une priorité à la maison. A l’âge de 6 ans je devrais donc me débrouiller tout seul si je tenais à aller à l’école.

Oui, j’adorais apprendre contrairement à mes cousins avec qui j’ai grandi. Donc à l’âge de 6 ans je m’étais trouvé un petit « business » en faisant recours à mes talents de dessinateur. A chaque mois de Ramadan, j’allais à la mosquée et je convertissais les étapes d’une prière qu’on appelle « Salatou Tasbikh » sous formes des schémas, chaque dessin représentant ainsi une étape de la prière. Ces images permettent ainsi de comprendre toutes les étapes de la prière avec un simple coup d’œil sur les schémas. Je vendais donc chaque schéma à 100 FCFA. Avec l’argent, je me payais les fournitures scolaires nécessaires. L’école primaire étant gratuite, ces fournitures scolaires étaient donc presque les seules dépenses pour les classes de CI et CP.

Les années suivantes, j’ai répété la même chose. Cependant les dépenses devenaient plus élevées quand je passais d’une classe à une autre avec d’excellentes notes et faisant toujours partie des 5 premières de la classe. En sus de mes dessins, me trouvais des activités supplémentaires durant les vacances scolaires pour m’assurer que j’avais toujours assez d’argent pour financer mes études. J’étais toujours très jeune, mais je ne pensais même pas à demander de l’aide à quelqu’un. Entre la classe de CE1 et la classe de 3e secondaire, je faisais des activités de marchand ambulant, de calligraphie, de peinture et de livreur de pain durant chaque vacance scolaire pour pouvoir regrouper l’argent nécessaire afin de financer mes études. Cet esprit de battant m’a permis de maintenir d’excellentes notes, de toujours faire partie des 5 premiers élèves de la classes et de réussir mon « Entrée en 6e » et mon « Brevet de Fin d’Etudes Moyennes » (BFEM) sans jamais redoubler de classe et sans jamais demander de l’aide.

Après mon BFEM, je suis allé dans une autre ville ou se trouvait le lycée que je convoitais. Je me suis trouvé une activité. Chaque vacance scolaire, je vendais des chaussures et des habits. Ce qui me permettait de me faire de l’argent, plus que nécessaire, pour m’acheter tout ce dont j’avais besoin pour le lycée, mais aussi pour impressionner les filles. Malgré tout, les études restaient toujours une priorité. Et durant les 3 années au lycée, j’étais toujours soit le 1er de la classe soit le 2e. C’était une sorte de concurrence entre moi et un autre gars, ce qui attirait les filles, ces filles qui n’ont néanmoins jamais pu me détourner de la ligne que je m’étais tracée. Ainsi, au Baccalauréat, je devins major de promotion, ce qui m’a fait gagner une bourse universitaire pour aller étudier à l’étranger.

Si je dois qualifier cette bourse méritée d’une « aide », je dirais que c’est la seule aide que j’ai eu de l’Etat. Mais je ne pense pas qu’une bourse puisse être qualifiée d’aide particulière, car ça relève du bien public, ça vient de l’argent du contribuable, donc de nous tous.

Grâce à la bourse, j’ai passé 4 années à l’étranger où j’ai continué à avoir de bonnes notes en dépit du racisme et réussir mes études avec mention avant, d’intégrer le secteur professionnel 2 mois après être retournée au pays.

Que peut-on apprendre de cette expérience ?

A mon avis, il y a quatre leçons que l’on peut tirer de cette expérience :

1. Il faut avoir une raison de vivre. Cette raison de vivre était un facteur qui me motivait et me poussait à trouver des solutions à mon problème, qui était de financer mes études, sans aucune aide.

2. Il faut donner une importance capitale à l’éducation, quel que soit le type d’éducation. Si je suis là où je suis aujourd’hui, c’est grâce en grande partie à mon éducation académique mais aussi aux expériences entrepreneuriales – c'est- à-dire les petites activités que je trouvais pour financer mes études. Il faut néanmoins préciser que l’éducation académique n’est pas la seule route vers la réussite. Il y a d'autres formes d’éducation – l’essentiel est d’étudier.

3. Il faut se focaliser sur l’objectif. C’est hyper important ! Dans mon expérience scolaire, j’ai parlé des filles qui étaient attirées par mes bonnes notes. C’était une distraction et mon focus m’avait permis de rester sur la ligne que je m’étais tracée. Beaucoup de personnes se sont éloignées de leur chemin pour diverses raisons et parfois à cause des filles ou de l’argent. Il faut éviter à tout prix de faire partie de ces gens. Avoir du focus vous permettra d’y arriver.

4. Il faut être modeste. Beaucoup de jeunes préfèrent souvent tendre la main à leurs parents, frères et sœurs que de s’engager dans certaines activités comme marchand ambulant, livreur de pains, etc. Pourtant, ce sont ces genres d’activité qui m’ont permis de financer mes études pour devenir entrepreneur aujourd’hui et travailler dans une grande institution internationale.
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