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Analyses

Racisme contre les Noirs : Trois siècles après, quelle mouche aurait piqué la France ?

19 avril 2021, Alain Mabanckou
Racisme contre les Noirs : Trois siècles après, quelle mouche aurait piqué la France ?

La France noire : la présence de Noirs en France s'étend sur les trois derniers siècles.

Quelques mois avant les élections présidentielles de 2012 en France paraît ce « beau livre », « La France noire, Trois Siècles de Présence » (Pascal Blanchard, Sylvie Chalaye, Eric Deroo, Dominique Thomas & Mahamet Timera, La Découverte, 2011). L'immigration étant devenue un enjeu politique et démagogique, de nombreux Noirs en France pensent qu'ils seraient mieux dans les pays anglophones – la situation de leurs « frères » qui y vivent leur semble plus supportable.

Pourtant, avant la Révolution française et, dans une certaine mesure, pendant la période coloniale, il valait mieux être noir en France qu'ailleurs. On le voit avec l'arrivée massive d'intellectuels afro-américains à Paris, victimes de la ségrégation raciale dans leur pays d'origine. Ce n'est que dans les années 1980 que ce sentiment, cette attirance pour la France déclina, et qu'un Noir se croirait plus libre, plus accepté et plus reconnu en Grande-Bretagne, aux États-Unis ou à Johannesburg, même si sa citoyenneté était un droit acquis en France.

La présence de Noirs en France s'étend sur les trois derniers siècles.

Trois siècles au cours desquels les peuples d'Afrique, des Caraïbes, de l'Océan Indien et des États-Unis ont contribué à l'édification et à la préservation de la nation française. Le « statut » de la personne noire a évidemment changé avec le temps : il est passé du statut d’« affranchi » à celui de sujet colonial ; d’être indigène à un « soldat sénégalais ». Il est devenu le « Nègre », puis simplement « le Noir », avant d’être considéré comme un immigré et, dans les années 1990, comme un « Noir ». Depuis 2000, les débats portent sur la citoyenneté des « Noirfrançais », ces minorités visibles qui ne souhaitent plus être reléguées aux marges de la République – comme dans « Moi aussi », le poème de Langston Hughes où « le frère le plus sombre » qui a mangé dans la cuisine avant de se rebeller et de crier qu'il est aussi l'Amérique et que quand la compagnie viendra, il sera à table. La France ne peut plus fermer les yeux sur ces « sans voix » présents sur tout son territoire.

Nous sommes convaincus que La France Noire est devenu un ouvrage de référence. La clarté de son contenu lui assure une large audience. Plusieurs penseurs et chercheurs de premier plan (Achille Mbembe, Pap Ndiaye, Dominic Thomas, Elikia M’Bokolo, Françoise Vergès, François Durpaire ...) ont apporté les résultats de leurs expériences. Le livre est remarquable, avec plus de 750 documents, photos, coupures de presse et iconographies qui montrent les contributions de ces indiscutables « présences noires » que vous ne retrouverez pas forcément dans les manuels qui racontent l’histoire officielle de la France.
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so
sourboty

Pourquoi de nombreux NOIRS en FRANCE ne pensent -ils pas qu'ills seraient mieux dans les pays africains .

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