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Analyses

Quels sont les trois mauvais départs successifs qui ont causé les échecs du Sénégal ?

28 mars 2021, Docteur Dialo Diop
Quels sont les trois mauvais départs successifs qui ont causé les échecs du Sénégal ?

« On a piégé Mamadou Dia et ses camarades les Valdiodio Ndiaye et Ibrahima Sarr l’avaient averti. Ils lui avaient dit « si on n’arrête pas Senghor, c’est lui qui va nous arrêter » mais Mamadou Dia était tellement confiant dans l’amitié et fidélité de Senghor. C’est lui qui a amené Senghor au pouvoir. Senghor l’a cravaté et l’a mis en prison à perpétuité. C’est le troisième faux départ et c’est là où l’avenir du Sénégal a été irrémédiablement compromis. Parce que Mamadou Dia allait mettre le pays sur les bons rails. Senghor a déraillé et fourvoyé le pays jusqu’à aujourd’hui. »

« Le premier faux départ, c’est l’échec du «Non» au référendum de 1958 alors que tout le pays votait Non et que toute l’élite politique était partisane de voter Non même le PRA Sénégal a appelé à voter Non au congrès de Cotonou. La seule exception, c’est Senghor qui a promis à De Gaulles qu’il ferait voter «Oui» on reste dans la colonie. Il a contré Mamadou Dia à le suivre dans son compromis qui était une compromission historique. Mais Mamadou Dia était pour le Non, il était contre le Oui. Et Senghor est venu presque lui confesser presque la larme à l’œil que : « j’ai déjà donné ma parole à De Gaulles, tu ne peux le lâcher». Ils ont négocié toute une nuit. Est ce que c’est dans 50 ans comme disait Senghor ou est- ce que c’est dans 5 ans comme disait Mamadou Dia ? Puisque le Non de la seule et unique exception guinéenne à casser la communauté franco-africaine dans les 2 ans qui ont suivi puisque dès 1960, ils ont été obligés de donner l’indépendance à tous ceux qui avaient prétendu vouloir rester sous la domination française.

Le second faux départ, c’est l’éclatement de la Fédération du Mali qui va poser le même problème de l’opposition entre le patriotisme africain de l’US-RDA (Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain) de Modibo Keita et le collaborationnisme Françafricain de Senghor. On a été à l’indépendance en tant que Fédération du Mali. Le vrai père de l’indépendance, c’est Mamadou Dia. Parce que c’est lui et Modibo Keita qui ont signé avec De Gaulles. Ce n’est pas Senghor. Ils ont fondé le gouvernement et quand il s’agit de désigner le Président de la République, les Sénégalais ont dit que c’était Senghor. Les Soudanais ont dit non, «on n’a pas confiance, c’est un homme des français». Ils ont dit : «nous, on préfère Lamine Guèye».

Les Sénégalais ont refusé en disant que «Lamine Guèye étant né à Kayes, il risquait de passer pour un Malien, on ne veut pas de lui». Là, les Soudanais ont dit «pourquoi pas toi Mamadou Dia». «Tu n’as qu’à prendre la Présidence de la République. Tu es patriote africain.» Mamadou Dia a été intransigeant, il a dit «c’est Senghor ou personne». Et c’est ça, avec le travail des français que l’éclatement de la Fédération a eu lieu. Elle n’a même pas duré 6 mois. Si les africains avaient pris leur indépendance dans de grands ensembles, les français n’auraient pas pu nous malmener, nous maltraiter comme ils le font, depuis 1960.

Le troisième et dernier faux départ dans lequel est encore impliqué Mamadou Dia, c’est le coup d’Etat dont il a été victime, monté par Senghor et les français. Parce qu’il avait une politique dite de socialisme autogestionnaire et d’un patriotisme. Pour vous donner exemple, quand les français ont refusé l’indépendance aux Algériens, Mamadou Dia a rapatrié les soldats sénégalais qui combattaient aux côtés de l’armée coloniale. Un autre exemple de son patriotisme, quand les français ont fait exploser la bombe atomique à Reggane dans le Sahara, il a envoyé une lettre incendiaire à son homologue français, Michel Debray pour protester contre l’irradiation des populations sahéliennes et sahariennes. Les français disaient : « ce petit négro, pour qui il se prend pour discuter la politique nucléaire de la France ». Les français ont décidé de lui faire la peau et le facteur déclenchant, c’est quand il a été en mission à Moscou. Il était toujours président du Conseil du gouvernement et c’est en pleine guerre froide. Au retour, il fait une escale à Paris et il continue sur Dakar sans venir rendre compte aux autorités françaises de ce qu’il a obtenu à Moscou.

Ils disent : «pour qui il se prend». « Le gars, il va chez les soviétiques, il vient, il passe à Paris, il ne vient même pas nous dire ce qu’il a eu là-bas. C’est là qu’ils se sont dit que «ce gars-là il est dangereux». Ils ont décidé de l’éliminer. Pour monter le coup d’Etat contre lui, Henri Gallenca qui était le président français de la chambre de commerce à l’époque et PDG de la Cotoa (Compagnie qui commercialisait et fabriquait les bâches pour couvrir l’arachide), il a donné 100 millions à Théophile Dieng et autres Magatte Lo qui ont monté la motion de censure contre Dia et puis le coup fourré d’aller voter la motion hors de l’Assemblée nationale. On a piégé Mamadou Dia et ses camarades les Valdiodio Ndiaye et Ibrahima Sarr l’avaient averti. Ils lui avaient dit « si on n’arrête pas Senghor, c’est lui qui va nous arrêter » mais Mamadou Dia était tellement confiant dans l’amitié et fidélité de Senghor. C’est lui qui a amené Senghor au pouvoir. Senghor l’a cravaté et l’a mis en prison à perpétuité. C’est le troisième faux départ et c’est là où l’avenir du Sénégal a été irrémédiablement compromis. Parce que Mamadou Dia allait mettre le pays sur les bons rails. Senghor a déraillé et fourvoyé le pays jusqu’à aujourd’hui. »
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