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Pacte Colonial : Incroyable! Saviez-vous combien d’argent la France vole en Afrique chaque année ?

13 avril 2021, New African
Pacte Colonial : Incroyable! Saviez-vous combien d’argent la France vole en Afrique chaque année ?

C'est le Pacte colonial qui a mis en place la monnaie commune des pays francophones, le franc CFA, qui exige que chacun des 14 pays membres dépose 65% (plus 20% supplémentaires pour les passifs financiers, soit le total vertigineux de 85%) de leurs réserves de change dans un « Compte d'opérations » au Trésor français à Paris.

Les nations africaines n'ont donc accès qu'à 15% de leur propre argent pour le développement national au cours d'une année donnée. S'ils ont besoin d'argent supplémentaire, comme ils le sont toujours, ils doivent emprunter à leurs propres 65% d’argent au Trésor français à des taux commerciaux.

Et ce n'est pas tout! Le crédit accordé à chaque pays membre est plafonné à 20% de ses recettes publiques de l'année précédente. Donc, si les pays ont besoin d'emprunter plus de 20%, tant pis ; ils ne peuvent pas le faire. Étonnamment, le dernier mot sur les accords CFA appartient au Trésor français, qui investit l’argent des pays africains en son nom propre à la Bourse de Paris.

C'est aussi le Pacte colonial qui exige que la France ait le premier droit d'acheter ou de rejeter toutes les ressources naturelles trouvées sur le territoire des pays francophones. Donc, même si les pays africains peuvent obtenir de meilleurs prix ailleurs, ils ne peuvent vendre à personne tant que la France n’a pas dit qu’elle ne voulait pas acheter ces ressources naturelles.

C'est, encore une fois, le pacte colonial qui exige que dans l'attribution des marchés publics dans les pays africains, les entreprises françaises soient considérées en premier ; ce n'est qu'après cela que les Africains pourront chercher ailleurs. Peu importe, même si les Africains peuvent obtenir un meilleur rapport qualité-prix ailleurs, les entreprises françaises passent en premier et obtiennent le plus souvent les contrats. Au passé, il y avait le cas embarrassant à Abidjan où, avant les élections, le gouvernement de Gbagbo voulait construire un troisième grand pont pour relier le quartier central des affaires (appelé Plateau) au reste de la ville, dont il est séparé par une lagune. Selon la tradition du pacte colonial, le contrat doit être confié à une entreprise française, qui a d'ailleurs indiqué un prix astronomique - à payer en euros ou en dollars américains.

Pas content, le gouvernement de Gbagbo avait demandé un deuxième devis aux Chinois, qui ont proposé de construire le pont à la moitié du prix proposé par la société française, et - attendez cela - le paiement se ferait en fèves de cacao, dont la Côte d'Ivoire est la le plus grand producteur mondial. Mais, sans surprise, les Français ont dit « non, tu ne peux pas faire ça ».

Globalement, le Pacte colonial donne à la France une position dominante et privilégiée en Afrique francophone, mais en Côte d'Ivoire, joyau des anciennes possessions françaises en Afrique, les Français sont trop dominants. En dehors du parlement, presque tous les grands services publics de Côte d'Ivoire - eau, électricité, téléphone, transports, ports et grandes banques - sont gérés par des entreprises françaises ou des intérêts français. La même histoire se retrouve dans le commerce, la construction, et l'agriculture (notamment en ce qui concerne les plantations de cacao et l'agro-industrie) - les entreprises et les intérêts français dominent la scène.

Bref, le Pacte colonial a créé un mécanisme juridique en vertu duquel la France obtient une place particulière dans la vie politique et économique de ses anciennes colonies. En vertu des accords de défense attachés au pacte colonial (qui étaient gérés par le ministère français de la défense), Paris avait le droit légal d'intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et des installations militaires de ces pays, entièrement gérées par les Français.
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